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Avant d’entrer dans le cœur du sujet, j’aimerais vous proposer un petit temps d’arrêt.

Quand vous entendez les mots aversion sexuelle, qu’est-ce qui vous vient spontanément ?
……. Un mot, une image, une émotion peut-être.

Très souvent, ce qui émerge, ce sont des sentiments de honte, de peur, ou l’idée qu’il y a « un problème ».

Quelque chose qui ne va pas. Quelque chose à corriger.

Et si, pour une fois, on essayait de regarder cette expérience autrement ?

Et si l’aversion sexuelle n’était pas le vrai problème ?

Dans mon travail en thérapie individuelle ou de couple, j’entends régulièrement des phrases comme: « Je n’ai plus envie… »
« Mon corps se ferme. »
« J’aimerais que ça change, mais rien ne marche. »

Ces personnes ne manquent ni de motivation ni de volonté.
Elles ont essayé de comprendre.
Elles ont parfois essayé de se forcer.
Et pourtant, malgré tous ces efforts… le corps résiste.
C’est souvent à cet endroit précis qu’un changement de regard devient essentiel.

👉🏻Parler de symptôme pour changer de perspective:
Quand je parle d’aversion sexuelle comme d’un symptôme, je ne parle pas de maladie.

Je parle d’un langage.

Un symptôme, c’est souvent :

• quelque chose qui n’a pas trouvé d’autres mots pour se dire

• une limite posée là où la personne n’arrive pas à en poser consciemment

• un message qui passe par le corps

Très fréquemment, la sexualité devient ce lieu d’expression.

Alors une question se pose : si votre corps pouvait parler, qu’essaierait-il peut-être de dire à votre place ? 🤔

Quand l’aversion sexuelle est liée à la dépendance affective

Prenons un exemple courant.
Je pense à une personne — appelons-la Claire. Claire aime profondément son partenaire.
Mais elle vit avec une peur constante de le perdre.
Alors elle dit oui. Souvent. Trop souvent.
La sexualité, peu à peu, prend une autre fonction.
Elle devient :

• une manière de rassurer l’autre

• une preuve d’amour

• une obligation silencieuse

Un jour, le corps commence à dire non à sa place. L’aversion apparaît.
Non pas comme un caprice, mais comme une limite de survie psychique.

👉🏻D’autres situations où l’aversion devient un symptôme

Il n’existe pas un seul scénario. Voici quelques situations fréquentes — voyez simplement ce qui résonne pour vous: 

La difficulté à poser des limites

Dire oui par peur de décevoir.

S’oublier pour préserver la relation.

L’aversion devient alors un non corporel.

———

La pression de performance

Vouloir bien faire.

Se comparer.

Avoir peur de ne pas être à la hauteur.

La sexualité se transforme en épreuve, et non en espace de plaisir.

La confusion entre intimité et envahissement

Aimer donne l’impression de se perdre.

La proximité devient menaçante.

L’aversion protège alors l’identité.

La sexualité vécue comme une dette

« C’est normal dans un couple. »

« Je ne peux pas refuser. »

Le corps finit par transformer l’obligation en rejet.

L’anxiété et la surcharge mentale

Un mental toujours en alerte.

Un corps qui ne se repose jamais.

Dans ces conditions, comment lâcher prise ?

Peut-être qu’en lisant ces situations, l’une d’elles vous a fait penser : « Ah… ça, je connais. »

Le regard croisé des approches thérapeutiques 🧐

Aucune approche, prise isolément, ne suffit à comprendre toute la complexité de l’aversion sexuelle.

✔️La psychanalyse aide à explorer ce qui se rejoue : le sens du symptôme, les conflits internes, les répétitions relationnelles.

✔️La sexologie ramène au corps, au consentement réel, aux conditions de sécurité et de plaisir.

✔️Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) permettent d’identifier les automatismes : pensées anxieuses, peurs, comportements d’évitement.

Ensemble, ces approches offrent un accompagnement respectueux du rythme et de l’histoire de chacun.

L’objectif réel du travail thérapeutique

👉🏻Et c’est un point essentiel.

L’objectif n’est pas de se demander :                         « Comment faire disparaître l’aversion ? »

 La question la plus juste est souvent :
« De quoi cette aversion me protège-t-elle ? »

Quand il n’est plus nécessaire de se protéger de cette manière, le symptôme peut s’atténuer, se transformer… ou perdre sa fonction.

À noter 📝

L’aversion sexuelle n’est pas un ennemi à combattre. C’est souvent un messager maladroit, mais profondément loyal.                                      Lorsqu’elle est écoutée, respectée et accompagnée avec justesse, elle peut devenir :

• un point d’appui

• un révélateur

• le début d’un rééquilibrage plus profond

Et peut-être une invitation à se reconnecter à soi, avec plus de douceur.

Et si votre corps n’était pas contre vous…mais simplement en train de vous protéger ?

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